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Révolution citoyenne

On est rien sans tête

5 Décembre 2006 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Révolution citoyenne

Je pense que je vais en faire bondir beaucoup à gauche. D'autres à droite pourraient jubiler, mais ce serait mal me comprendre. La dérive quasi monarchique de nos institutions en amène certains à récuser toute autorité. Pourtant, il faut faire la différence entre ce qu'on appelle en anglais « leardership » et le pouvoir.

Mon initiation en politique date de Mai 68. Lycéen, je défilais en criant « 10 ans ça suffit ! ». Je n'étais pas gaulliste, je ne l'ai jamais été et ne le serais jamais. Cependant, je connais assez l'histoire, et l'histoire de France en particulier, pour savoir qu'il n'y a pas de grand mouvement qui réussisse sans un grand leader. Tous les mouvements spontanés ont, soit vu émerger un leader, soit échoué. C'est pourquoi, je rejoindrais assez la conception gaullienne de l'élection présidentielle : « la rencontre d'un homme et d'un peuple ».

Encore faut-il que cet homme ou cette femme porte un projet. De Gaulle en 1940 avait le projet de sortir la France de la défaite et du déclin. En 1958, il voulait la sortir du marasme d'un système politique bloqué. Ensuite, son accord avec le peuple s'est délité car, s'il avait le désir de restaurer la grandeur du Pays, il n'avait plus de vrai projet mobilisateur. Pour lui, L’intendance suivra ! " signifiait moins du volontarisme que le refus de s'intéresser aux détails considérés comme triviaux. C'est en cela que, peut-être, de Gaulle annonçait Chirac. Il faut que les actes suivent les discours sans les contredire, c'est le respect dû aux électeurs.

Je pense donc que l'idée qui a été avancée que le candidat de la gauche radicale devrait être une simple photo sur un bulletin de vote ou, une tête d'affiche qu'on oublierait dès la victoire obtenue, est un non sens absolu. Cette idée n'a pu germer que dans la cervelle de quelqu'un qui vit dans un monde virtuel déconnecté de la réalité. J'ai même lu l'idée de proposer le projet comme candidat. Là, j'ai halluciné. Mais ce doit être un canular, il le faut, sinon ce serait à désespérer de l'humanité.

Avez-vous déjà vu un train avancer sans une locomotive ? Ce ne peut être qu'accidentel et cela se termine en principe par un déraillement. Alors, faire bouger un pays, c'est encore plus difficile. Si vous n'avez pas un projet mobilisateur et un bon leader, ce n'est plus de l'utopie, c'est un rêve.

Un leader, c'est quelqu'un qui a des convictions fortes et qui sait les faire partager. C'est quelqu'un qui montre la voie sans être un potentat, qui sait prendre de la hauteur sans perdre de vue l'essentiel, qui écoute, délègue, s'adapte sans être une girouette. C'est une personnalité assez forte pour accepter la contradiction.

On m'a rétorqué qu'un leader était inutile voire néfaste. Bien sûr qu'un leader comme Hitler a été néfaste, mais cela annule-t-il un Martin Luther King ou un Nelson Mandéla ? Non bien sûr !

L'exemple de Gandhi est encore plus frappant et pourtant c'était tout sauf un homme de pouvoir.

En conclusion, je résumerai ainsi ma conception de l'élection présidentielle : « la rencontre d'un homme ou d'une femme, d'une vision et d'un peuple ».

Aujourd'hui, le rassemblement antilibéral se trouve dans un état chaotique. L'absence et même le rejet de tout leader a créé un vide qui a attiré toutes les ambitions et toutes les convoitises. Le résultat en est : des candidats sans charisme et, pour certains, sans idée, et une quasi tentative d'OPA par le PCF. Une remise en cause est absolument urgente. En l'absence de direction, le mouvement tourne en rond, les forces centrifuges que l'on distingue menace de l'atomiser.

Il est illusoire de prétendre obtenir un consensus au delà de quelques personnes. Y renoncer est la seule solution raisonnable. Quels que soient ses défauts – et qui n'en a pas ? – José Bové est le leader qui pouvait nous mener à la victoire. Récuser les autres candidats serait ouvrir de nouveaux débats, de nouvelles polémiques. Ce n'est plus le moment. Je demande donc à ceux-ci de se demander franchement et honnêtement, dans leur for intérieur, s'ils pensent être capables de mener le mouvement à la victoire. Ensuite, je leur demande de choisir eux-même, sans exclusive, celui ou celle qui sera, à leur avis, à même de réussir. C'est dans cet exercice qu'ils feront la preuve que leur ambition ne passe pas avant leurs idées.

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M
Bové est sans doute le seul capable de donner visibilité, force et cohérence à ce mouvement......bien flou
T
Je vous rejoins sur ce point! Je pense qu'un leader est necessaire mais il faut qu'il soit ouvert aux critiques et aux débats sinon il rejoins la sphère des "intouchables et inaccessibles" et ce n'est plus un leader à l'écoute de ses partisans! Par contre sur José Bové j'ai des doutes, je respecte les actions qu'il a fait mais de là à en faire un leader, je doute ....