Ne pas tourner la page
Certains ne peuvent pas tourner la page…
Je lis dans le journal : "Un français sur deux craint de devenir un jour SDF". Et je me dis : "Un français sur deux se fait des illusions", c'est à dire, l'autre français…
Car personne n'est à l'abri. Le monde des multinationales et des rentiers richissimes, a ruiné les ouvriers, les petits paysans, fait vivre les employés avec des salaires de misère, et ce sont maintenant ce que l'on appelle très vaguement les "couches moyennes" qui sont dans le collimateur. Les créateurs de petites entreprises, les artistes ne sont pas logés à meilleure enseigne.
Même si ceux qui sont aujourd'hui relativement privilégiés peuvent vieillir sans connaître la grande pauvreté, leurs enfants pourront la connaître. Le fossé ne cesse de croître entre les nantis et les misérables, et à l'intérieur même du camp des nantis, il y a exclusion et concentration accrue des richesses.
Alors oui, les chômeurs, les "sans emploi" (deux fois plus nombreux) les travailleurs précaires, les travailleurs pauvres, les SDF, les jeunes qui galèrent de stage en stage, les vieux dont la retraite est rognée, pour tous ceux là, il n'est pas question de "tourner la page" de ce qui fut notre combat : une candidature unique anti libérale.
Pourquoi ? Parce que cette candidature aurait été la voix des "sans voix".
Eh bien, nous ne tournons pas la page.
Les sondages montrent ce qu'on a toujours su : ni Marie Georges Buffet, ni Olivier Besancenot ne sont en mesure de mobiliser les millions de citoyens qui souffrent, ne sont en mesure de faire obstacle à la démagogie et au mensonge.
Si la configuration actuelle des candidature était définitive, le démagogue Le Pen serait le seul vainqueur des élections, le seul à "capitaliser" ce qui fut le NON au référendum, la protestation profonde contre une société monstrueuse.
Alors nous nous tournons vers celui dont nous savions, dès le début de l'aventure des collectifs, qu'il pouvait, seul, incarner la voix des sans voix : José Bové.
Seul, José Bové, a le talent et l'envergure, nationale et internationale, pour bousculer l'establishment politique, pour faire barrage à Le Pen, pour casser le bipartisme qui met, de fait, un français sur deux hors du champ politique.
Et surtout, José Bové est indépendant. Il n'est pas attaché à un parti, à des dogmes séculaires. Il n'a pas fait partie de l'appareil d'état, ni de la haute administration. On ne lui trouvera aucun "fil à la patte".
Vous qui lisez ceci, restez attentifs. Nous n'avons pas tourné la page.
L'année 2007 est devant nous, elle recèle encore des surprises.