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Révolution citoyenne

Le "libéralisme populaire"

3 Septembre 2006 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Politique

Le "libéralisme populaire" de Nicolas Sarkozy reste à définir

LE MONDE 02.09.06

"Ni Thatcher ni Reagan" : c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui, lors d'un meeting en Touraine le 6 juillet, avait annoncé l'abandon du thème de la rupture économique. Deux mois plus tard, réunis en marge de l'université d'été de l'UMP pour une nouvelle réunion d'élaboration du programme, samedi 2 septembre, les membres de son état-major politique espéraient en apprendre un peu plus sur le nouveau point d'équilibre du probable candidat à l'élection présidentielle.

Evidemment, si même l'état-major politique de Sarkozy n'y comprend plus rien, il va falloir leur expliquer la démocratie selon Chirac qui est le modèle de Sarkozy. Donc pour être élu, l'important c'est les promesses. Et comme dit le maître, « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ».

Renaud Dutreil, l'un des quatre ministres nouvellement admis dans le cercle de réflexion sarkozyste, a un début d'explication : "Nicolas veut gagner, il doit donc rassembler et élargir. Peu importe par exemple la sincérité de son discours gaulliste social d'Agen. Le pragmatisme est sa marque."

En voilà un qui a tout compris. Sarkozy devrait le nommer directeur de sa campagne.

Ses partisans n'en sont pas moins perplexes. Patrick Devedjian, son conseiller politique, n'a pas encore digéré la forte hausse de la prime pour l'emploi (PPE) décidée par le premier ministre, mais avalisée par l'UMP. "Le problème, c'est de savoir jusqu'où va-t-on dans la subvention par l'Etat des bas salaires, s'interroge-t-il. Avec un treizième mois financé par l'Etat, via la PPE, et les 22 milliards d'euros d'allégements de charges au profit principalement de grands groupes qui ne créent pas d'emplois, c'est une véritable déresponsabilisation des chefs d'entreprise."

Il y a encore des gens qui ne connaissent pas « l'économie sociale de marché », le b-a ba du social-libéralisme.

De même, sur la question des déficits publics et des impôts, source de clivage, Nicolas Sarkozy a assoupli sa ligne. "Notre nouveau mot d'ordre, c'est l'efficacité économique. Il ne s'agit pas de baisser les impôts par idéologie mais de le faire de manière ciblée pour stimuler l'économie, par exemple en aidant les petites entreprises", explique Patrick Devedjian. Dans cette ligne, Renaud Dutreil en appelle à une politique qui favorise les "entrepreneurs qui créent de la richesse" mais encadre plus sévèrement les "managers : ces cadres qui ne prennent pas de risques et partent avec des stock-options" et qui constituent selon lui une "hyperbourgeoisie mondiale".

La baisse du déficit budgétaire n'est plus présentée comme une fin en soi. Pendant l'été, M. Sarkozy a déclaré que "la nécessaire lutte contre les déficits n'a aucune chance d'être remportée si elle constitue l'alpha et l'oméga de toute notre stratégie économique". "L'idée, c'est plutôt de retrouver des marges de manoeuvre, en réduisant les dépenses inutiles, parce que nous croyons à l'action de l'Etat", explique M. Devedjian.

Tout le monde pensait que Sarkozy pillait le programme du PS. Erreur, son inspiration vient carrément de chez Besancenot.

Jean-Louis Borloo : "La droite sociale étant majoritaire dans ce pays, ce sont ceux qui sont en adéquation avec cette aspiration forte de nos concitoyens qui remporteront le débat à droite". En Touraine, le 6 juillet, Nicolas Sarkozy, lui, avait donné un nom à sa future politique économique : "le libéralisme populaire".

Voilà du nouveau ! le libéralisme populaire.

Un exemple me vient à l'esprit. Les caisses de pension ont pris une telle importance par la masse d'argent qu'elles détiennent, qu'elles sont souvent le principal actionnaire de grands groupes. Ce qui fait que, ces dernières années, de nombreux salariés ont été mis au chômage par leur propre caisse de retraite. Ce doit être cela le libéralisme populaire. Mais est-ce vraiment ce que les Français veulent ?

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