Un autre monde est possible
Cela semble difficile à croire pour beaucoup. En fait, je me suis aperçu que, depuis quelques temps déjà, quand je discute avec d'autres du monde tel qu'on le vit et du futur tel qu'on le perçoit, il y a de plus en plus de gens pour dire : « on va droit dans le mur et rien ne pourra l'empêcher ».
Ce sentiment d'une part, d'une dépossession de son destin, d'autre part, d'une catastrophe imminente et irrémédiable, semble se généraliser. Pourquoi ?
La première cause est sûrement la dérive technocratique de nos sociétés prétendument démocratiques. Tout est fait pour faire comprendre aux citoyens que les affaires du monde sont devenues trop complexes et qu'il faut laisser les experts s'en occuper.
Une autre cause est à chercher dans la démission des politiciens qui, sous l'influence de la doctrine libérale, ont abandonné tout contrôle sur les grands enjeux du monde. Nos emplois partent en Chine ou ailleurs : on n'y peut rien ! La Chine nous inonde de ses produits de basse qualité peu durables et qui augmentent le gaspillage des ressources : on n'y peut rien ! Les produits sont fabriqués de plus en plus loin de leur lieu d'utilisation, générant un trafic routier considérable, avec la pollution qui en découle : on n'y peut rien !
Je pourrais continuer longtemps cette liste d'exemples montrant à quel point le monde est devenu fou. Dans tous les domaines, l'aspect économique a pris le dessus sur tous les autres. On pêche des langoustine en mer d'Ecosse, on les expédie en Thaïlande pour les décortiquer, puis on les ré expédie en Ecosse où elle sont cuites pour être vendues dans les supermarchés britanniques (Le Canard Enchaîné 6 décembre 2006).
L'engrenage libéral semblait prêt à nous broyer, donnant raison aux pessimistes, quand un petit grain de sable vint le bloquer un certain 29 mai 2005. Un simple incident de parcours pour le projet de mondialisation libéral. Rien d'inquiétant en fait, les médias et les politiciens en place récitèrent en choeur leur argumentaire pour ramener cet évènement dans l'insignifiance. Seulement, voilà ! Le système avait montré sa faiblesse : des citoyens unis avaient découvert leur force. Si on pouvait bloquer le système, peut-être pouvait-on aussi le détruire ? Alors oui, on pourrait dire :
Mais, hélas, l'enthousiasme du référendum est retombé avec les chamailleries des collectifs. Combats d'ego, combats d'ergots. L'espoir de tant de gens se fracassait, tandis que LCR et PCF partaient chacun de leur côté pour sauver leurs appareils. « C'est plié » disaient les défaitistes. « On recommencera dans cinq ans » ajoutaient les attentistes. Mais avait-on le temps d'attendre.
Soudain, brisant l'apathie générale de cette campagne, un frémissement s'est fait sentir, puis a enflé. La pétition lancé avec l'objectif : « 10 jours – 10'000 signatures » en a obtenu 25'000 en deux semaines. Ce succès qui nous dépasse, montre qu'au moins une partie de la gauche du non veut continuer à se battre. Et grâce à cette démonstration, nous avons retourné la situation, nous avons un candidat : José Bové.
Maintenant que le plus dur est fait, reste le plus difficile : gagner. Pour cela, la première étape doit être l'achèvement de l'unification de la gauche du non. Il nous faut donc rallier un maximum de militants de la LCR et du PCF, voir même ces appareils tout entier. Donc signez et faites signer l'Appel national pour la candidature de José Bové et puis commencez la campagne en discutant avec parents, amis, voisins, connaissances, relations en tous genres.