Le problème de Sarkozy
Nicolas Sarkozy défend l'exil fiscal de Johnny Hallyday
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters 15.12.06
Je veux seulement dire une chose : un pays où tant de nos artistes, de nos créateurs, de nos chercheurs, où tant de gens se disent qu'il faut partir, c'est bien qu'il y a un problème", a déclaré M. Sarkozy.
La décision de Johnny Hallyday conduit à se "poser des questions" a, pour sa part, estimé la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Eh bien oui, il faut bien l'admettre, il y a un grave problème en France et il faut se poser les bonnes questions.
Quand quelqu'un comme Johnny, qui a gagné principalement son argent grâce au Français, veut partir à l'étranger pour échapper à l'impôt, il y a un problème qui s'appelle : un manque de solidarité. Et si aujourd'hui, notre société se délite, en France et ailleurs, c'est à cause de la disparition de cette solidarité qui la cimentait. Maintenant, c'est chacun pour soi et sauve qui peut, l'individualisme triomphe, il a même ses théoriciens : les néolibéraux.
Mais les Français ne sont pas dupes, ils sentent bien que les privilégiés organisent un système de redistribution des pauvres vers les riches et le vrai problème de Nicolas Sarkozy, c'est que Johnny, qui est un de ses supporter les plus en vue, devient un exemple bien trop voyant de ce système : d'accord pour prendre l'argent des Français, pas d'accord pour le partager avec de moins privilégiés.
Les adversaires politiques de Nicolas Sarkozy n'ont pas manqué cette occasion, comme on peut le lire sur LIBERATION.FR :
Jacques Chirac lui-même a «regretté», vendredi, «le comportement du citoyen» Hallyday, et Dominique de Villepin n'a pas manqué d'enfoncer le clou : «L'idée de quitter la France pour avoir à payer moins d'impôts n'est pas justifiée par la situation fiscale de notre pays»
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a sauté, lui, sur l'occasion pour se faire grinçant. Si Johnny «a profité de cette période préélectorale pour aller s'abriter fiscalement en Suisse. Ça prouve une très belle confiance à l'égard du candidat de son choix», a-t-il ironisé hier sur Radio J. Ségolène Royal a jugé de son côté, samedi, que la décision du chanteur «n'est pas un exemple à suivre», ajoutant : «J'espère que dans les soutiens qui seront les miens, je n'aurai pas de contre-exemple comme cela.»
L'exil de Johnny Hallyday en Suisse n'en finit pas de plomber la campagne de Nicolas Sarkozy.