LCR PCF : les faux semblants
Il est maintenant évident que la candidature unitaire de la gauche radicale tourne à la mascarade. Entre un PCF qui tente une OPA sur le mouvement et une LCR qui cherche toutes les mauvaises excuses pour ne pas en être tout en proclamant sa volonté unitaire, le concours d'hypocrisie bat son plein.
Je suis probablement le seul à avoir la preuve que ni le PCF, ni la LCR n'ont jamais eu l'intention d'aller au bout de cette démarche unitaire. Voici l'histoire que le démontre.
Fin juillet, on était déjà en plein dialogue de sourd entre les collectifs, le PCF et José Bové. qui affirmaient ne pas vouloir de nouvelle gauche plurielle et la LCR qui voulait des garanties. J'ai alors lu une interview d'Olivier Besancenot qui déclarait vouloir rencontrer Marie-Georges Buffet et José Bové (pour une bouffe disait-il) et ne pas avoir encore réussi à fixer une date. J'ai trouvé incroyable que ces trois là qui avaient des choses importantes à se dire n'arrivent pas à se rencontrer pour clarifier leurs différends.
Cela m'a donné une idée folle : puisque j'avais créé un blog pour m'impliquer dans cette campagne au niveau des idées, pourquoi ne pas aller plus loin dans l'implication, et organiser cette rencontre en Suisse, où j'habite, pour qu'ils puissent se parler franchement et en toute sérénité.
J'ai donc contacté par téléphone José Bové qui m'a donné un accord de principe et tenté de contacter ensuite Olivier Besancenot et Marie-Georges Buffet de la même manière. Impossible d'obtenir ni l'un ni l'autre au téléphone. Apparemment, ils sont trop occupés pour répondre à un citoyen lambda qui n'est même pas journaliste. Après de nombreuses tentatives, je me suis résolu à utiliser un moyen plus moderne mais aussi plus impersonnel : le mail. J'ai envoyé en date du 18 septembre aux deux le message suivant :
Bonjour.
Je suis un simple citoyen, Français vivant en Suisse, qui suit avec consternation la situation de la gauche de la gauche. Je suis géographiquement loin mais près de coeur. J'ai le sentiment que nous sommes à un moment crucial de l'histoire où nous pouvons changer son cours. Les chances sont peut-être minimes, mais je pense qu'elles existent. Si j'ai raison, on n'a pas le droit de ne pas tout faire pour réussir.
A mon niveau, que puis-je faire, me suis-je demandé. Agir au niveau des citoyens de base. Le reste de ma famille vivant en France, j'ai créé d'abord un blog pour les motiver car le sentiment général est "de toute façon on ne peut rien", et je veux lutter contre ce sentiment d'impuissance face à la mondialisation et au néo libéralisme.
Ensuite, j'ai eu une idée encore plus folle, mais au point où on en est, il n'y a rien à perdre. Je me suis dit, Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot, José Bové sont des gens comme moi qui partagent plus ou moins les mêmes idées. Seulement pour devenir des meneurs, ils ont des égos plus importants et un appareils derrière eux.
Alors pourquoi ne pas leur dire : arrêtez, vous avez des responsabilités qui vous dépassent, qui dépassent votre parti. Et pour que vous vous parliez hors de toute pression médiatique, d'appareil ou autre, je vous invite, moi simple citoyen, à vous rencontrer simplement comme des amis qui échangent des idées autour, pourquoi pas, d'une fondue, dans un petit restaurant de la région de Lausanne.
J'organise tout, je vous offre le gîte et le couvert pour un week-end. Ce sera ma participation à ce moment de l'histoire qui, je l'espère, ne sera pas inutile. Si on veux changer la politique, pourquoi ne pas commencer par créer une empathie pour instaurer un climat de confiance qui semble manquer cruellement.
Que croyez-vous qu'il arrivât ? Rien, aucune réponse, ni négative, ni positive. J'aurais pu comprendre qu'ils trouvent cette proposition étrange inutile, à la rigueur. Mais des personnes qui ont des divergences et qui veulent les aplanir, cherchent toutes les occasions de se rencontrer et avec plus de sérénité que lors d'un meeting.
L'absence de réponse est en fait une réponse. Leur total mépris pour cette proposition démontre qu'ils étaient déjà dans une logique toute autre que la démarche unitaire et qu'en conséquence, ils n'avaient aucune réponse à donner.
Ainsi donc, aussi bien la candidature de division de la LCR que l'OPA du PCF sur le mouvement ne sont fortuit. C'est une stratégie décidée par ces partis, et il n'y a jamais eu de réelle volonté de faire aboutir la démarche unitaire. Tout ce qui a pu être dit par les militants à ces deux partis pour les faire changer leur ligne, l'était en pure perte.
Quelles leçons tirer de ces faits :
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Tout d'abord, j'ai fait preuve de naïveté en pensant avoir une influence sur ces mouvements sans en faire partie. Ils ont une logique d'appareil, et leur première, sinon seule, motivation est leur survie.
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En conséquence, l'émergence d'une gauche radicale et non sectaire ne pourra se faire qu'en faisant exploser ces mouvements. Une partie de leurs militants nous a déjà rejoint. D'autres le feront. Ils apporteront à ce mouvement la maturité qui lui manque cruellement.
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Enfin, le rassemblement antilibéral va se trouver confronté à un grave dilemme. Rester un mouvement non structuré et protéiforme, agité mais sans réelle influence, totalement monopolisé par ses conflits internes, des Verts bis en quelque sorte, ou devenir un parti en ordre de marche avec le risque de reproduire les erreurs et les dérives propres aux appareils et ainsi de perdre son âme.
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De toute façon, le rassemblement n'échappera pas à une nécessaire remise en cause de son fonctionnement et de son mode de pensée. Le refus de toute autorité par une majorité de militants leur a fait perdre tout sens de la réalité. L'absence et même le rejet de tout leader a créé un vide qui a attiré toutes les ambitions et toutes les convoitises. Le résultat en est : des candidats sans charisme et, pour certains, sans idée. Ce n'est pas comme cela que l'on mobilise. Finalement, l'image que donne le rassemblement pour l'extérieur, ce n'est même pas de l'anarchie comme cela voudrait être, c'est le "bordel".