Après la guerre
Au Sud-Liban, l'armée israélienne a déversé plus de un million de sous-munitions lors des trois derniers jours du conflit.
Par Christophe AYAD
Libération : jeudi 2 novembre 2006
Comme des dizaines d'autres villages du sud du Liban, certains quartiers de Ras al-Aïn ont été littéralement couverts de sous-munitions. L'armée israélienne en a tiré des dizaines de milliers, semble-t-il pour interdire l'accès de certaines zones aux tireurs de roquettes du Hezbollah. Mais la plupart des tirs ont été effectués lors des 72 dernières heures, alors que l'arrêt des hostilités était presque acquis par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. «C'est comme si, de rage et de dépit, les Israéliens avaient voulu rendre cet endroit invivable», avance un diplomate occidental.
Il est évident que si on se met au dessus des lois internationales, on fini par commettre ce genre d'exaction. Mais cela confirme la dérive fasciste d'Israël telle qu'elle est dénoncée, même par des Israéliens comme Zeev Sternhell : « la conception annexionniste [...] conduisent à une fascisation de la société israélienne. Ce n'est pas irréversible, mais, dès lors que des centaines de milliers d'Israéliens ne voient rien de mal à ce que d'autres vivent sous leur domination et sans le moindre droit, le risque de gangrène est bien réel. »
Et cette dénonciation n'est ni isolée ni nouvelle, je rappelle qu'après la guerre de juin 1967, qui permit à l’armée israélienne d’occuper la Cisjordanie, Gaza, le Sinaï, le Golan et Jérusalem, Yeshayashu Leibowitz, le plus grand savant et philosophe d’Israël, prophétisa que ces conquêtes, si elles n’étaient pas rapidement abandonnées, corrompraient la société israélienne, détruiraient sa démocratie et conduiraient à « une fascisation rampante ».
Y. Leibowitz, (décédé en 2003) n'hésitera pas a qualifier en janvier 1993, les unités spéciales Israéliennes (golani), les mêmes que celles qui ont été lancées récemment sur le sud Liban, de « judéonazis ».