Jacques et l'ortie
LE MONDE 18.09.06
Le président de la République va-t-il sauver le purin d'ortie ? L'association des Amis de cette urticacée qui, le 12 septembre, en a appelé à Jacques Chirac l'espère vivement. L'affaire, qui n'a rien d'un mauvais calembour, fait suite à l'interrogation par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) d'Eric Petiot, paysagiste-élagueur à Crozet (Ain) et coauteur du livre Purin d'ortie et compagnie (95 pages, 15 euros, Editions Terran).
Sa faute : avoir fait la promotion du purin d'ortie. Les inspecteurs ont saisi à son domicile des écrits aux titres aussi sulfureux que "Les plantes pour soigner les arbres".
Le purin d'ortie, mais aussi les préparations à base de fougères, pissenlits, sureau, consoude, utilisées en agriculture biologique, sont donc hors la loi puisqu'elles ne sont pas homologuées.
C'est vrai, la nature n'a pas demandé d'homologation pour mettre ses produits sur le marché. Va-t-on demandé au pape Benoit XVI de le faire, devra-t-il s'adresser à Paris ou à Bruxelles ?
L'application française de la nouvelle politique agricole commune (PAC) pénalise les pratiques soucieuses de l'environnement au profit d'une agriculture intensive, principale responsable de la mauvaise qualité des eaux, particulièrement en Bretagne.
Ces deux informations montrent à quel point la politique de Chirac est à l'opposée de ses discours sur l'environnement. Mais il n'est pas le seul à se contenter de pérorer :
Elections du printemps 2007 - La Confédération paysanne ne soutiendra aucun candidat
Force de propositions, elle est amenée à confronter ses positions avec les partis politiques démocratiques, afin d’influer sur leurs orientations. Pour tenir compte de l’évolution de recomposition politique éventuelle, il nous semble essentiel de poursuivre et d’approfondir le débat au sein de la Confédération paysanne.
Néanmoins, à l’approche des prochaines élections politiques, la Confédération paysanne réaffirme son indépendance en tant que syndicat et ne soutiendra aucune candidature, qu’elle soit ou non issue de ses rangs.
Ainsi donc la Confédération paysanne prétend vouloir être une force de proposition, mais ne contribuer en rien à faire aboutir ces mêmes propositions. Quelle attitude dogmatique et inconséquente. Il est important pour un syndicat de garder son indépendance, mais de là à refuser son appui à un candidat qui porterait ses valeurs, c'est le comble de la stupidité.