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Révolution citoyenne

Social vs libéralisme

30 Août 2006 , Rédigé par Christian Laborde Publié dans #Politique

Pour ceux qui critiquent la « sécu » à la française comme trop social ou trop étatiste, voici un petit aperçu sur l'assurance santé en Suisse, un pays qui pratique depuis des années le social libéralisme puisque gouverné par une coalition droite-gauche. C'est une déclaration du conseiller fédéral (équivalent d'un ministre) chargé de la santé publique.

Pascal Couchepin veut un système de santé à "1000 vitesses"

Pascal Couchepin a partagé sa vision libérale de la santé lors de la traditionnelle sortie annuelle à l'Ile St-Pierre. Il a plaidé pour un système non pas à deux mais à "1000 vitesses" qui viendrait s'ajouter à l'assurance de base minimale.

[ats] - Il convient de maintenir une assurance obligatoire solidaire et de qualité, a indiqué Pascal Couchepin, commentant une étude sur l'avenir du marché de la santé publiée pour l'occasion. Mais le ministre de la santé ne veut pas la charger avec des offres supplémentaires, d'autant que les besoins vont continuer de croître avec le vieillissement de la population.

"Refuser les médecines complémentaires dans l'assurance de base ne revient pas à les condamner mais à dire que ce sont des choix individuels", a souligné le conseiller fédéral. Il a d'ailleurs appelé de ses voeux plus de diversité dans ce secteur au vu de l'importance croissante que la santé prend dans l'esprit des gens.

Le conseiller fédéral a profité de l'occasion pour faire le bilan de sa politique. Il s'est félicité de l'apaisement de la hausse des primes. Les chiffres des caisses devraient confirmer en octobre que cette augmentation, estimée à 3% en 2007, est la plus basse depuis l'introduction de la LAMal.

Pour bien comprendre le sel de la chose, quelques explications s'imposent.

D'abord, la « LAMal » c'est la loi sur l'assurance maladie. Les Suisses adorent ce genre d'abrégés. Cette loi a été faite il y a quelques années pour réformer l'ancien système qui coûtait cher à l'état qui subventionnait toutes les caisses maladie. Ce système revenait en fait à aider riches et pauvres. Maintenant, un système très complexe de subsides permet d'aider les plus défavorisés. Par ailleurs, l'assurance maladie est divisée en assurance de base contrôlée par l'état et assurance complémentaire dont les primes sont libres. Les même caisses pouvant travailler dans les deux domaines, il est évidemment de leur intérêt de voir un maximum de prestations retirées de l'assurance de base. C'est pourquoi quand le conseiller (de droite) parle d'assurance de base minimale, il faut lire minimaliste.

En fait de solidarité, il faut savoir qu'en fait, les primes sont « par tête » et indépendantes des revenus. A couverture égale, le patron de l'UBS paie la même prime que son chauffeur. De plus, les primes sont différentes suivant les régions et un système de franchise permet encore de les abaisser. En Suisse, on peut réellement dire « il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ».

Maintenant, se féliciter d'une hausse des primes de 3% quand le pouvoir d'achat des bas salaires stagne pour le moins, c'est le foutage de gueule habituel de la droite.

Bien sûr, on peut encore être content quand on lit cette autre information :

Le nombre d'Américains dépourvus de couverture santé a augmenté en 2005, passant de 45,3 millions à 46,6 millions.

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